Pourquoi le rabot-dégau Kity DRA260 n’existe plus en neuf
Vous cherchez une Kity DRA260 neuve et vous ne tombez que sur des annonces d’occasion et des pages de pièces détachées. C’est normal, et autant le dire tout de suite : cette machine n’est plus fabriquée. Nous n’allons pas vous vendre du rêve sur une référence morte.
L’histoire tient en trois lignes. Kity était un constructeur vosgien, marque culte des ateliers français des années 1960 aux années 2000. Reprise par Scheppach au milieu des années 2000, la gamme a été rationalisée et le DRA260 a terminé sa carrière décliné sous d’autres noms avant de sortir des catalogues. Les spécialistes de la pièce détachée le rangent désormais au rayon « anciens modèles ». Ce n’est pas un jugement de valeur, c’est un fait à intégrer avant d’engager mille euros.
Ce que ça change pour vous, concrètement : la machine ne s’achète plus qu’en occasion, ses pièces se commandent sous des références croisées, et la vraie question devient celle du remplaçant. Nous répondons aux trois.
DRA260, Woodstar PT105, HMS1080 : la même machine sous trois noms
Voilà l’information que les articles ne donnent jamais et que seuls les vendeurs de pièces connaissent. Le DRA260 a été redécliné par Scheppach sous la marque Woodstar PT105, destinée aux grandes surfaces de bricolage, et la lignée a abouti à la Scheppach Kity HMS1080, le modèle que les marchands servent aujourd’hui à qui cherche un DRA260.
La conséquence pratique est excellente. Les distributeurs de pièces référencent DRA260 et WOODSTAR PT105 ensemble : courroie, fers, protecteur d’arbre, l’essentiel des pièces d’usure est commun. Une référence en rupture sous un nom se retrouve souvent sous l’autre. C’est le réflexe qui sauve une machine qu’on croyait condamnée.
Fers et pièces d’usure : les cotes exactes à commander
L’erreur de commande la plus fréquente sur cette famille tient en deux nombres. Les fers d’un DRA260 mesurent 258 × 22 × 1,8 MM en HSS, vendus par jeu de deux. Ceux d’une Kity 635 mesurent 200 × 20 × 2,5 MM. Deux machines de la même marque, deux consommables totalement incompatibles : ne commandez jamais « des fers Kity » sans préciser le modèle et la cote. Si votre machine est une 200 mm, c’est notre fiche des fers de dégauchisseuse 200 mm HSS 18 % qu’il faut ouvrir, pas celle-ci.
Les deux autres pièces à surveiller : la courroie d’entraînement, qui durcit et se fend sur les machines longtemps stockées, et le protecteur d’arbre, souvent perdu ou cassé. Comptez 25–45 € le jeu de fers et 15–35 € la courroie. Une machine vendue sans protecteur se négocie en conséquence : la pièce se remplace, elle ne se bricole pas.
Acheter une Kity d’occasion : prix réels et six contrôles
Le marché de l’occasion Kity est dense et les prix y sont étonnamment stables d’une région à l’autre. Voici les fourchettes constatées, modèle par modèle, sur les plateformes d’annonces généralistes type Leboncoin.
| Modèle | Génération | Prix d’occasion constaté | Ce qu’on en pense |
|---|---|---|---|
| Kity 635 | SÉRIE 600 · AVANT 2004 | 120–400 € | Petit format, tables courtes, increvable pour du corroyage léger. Fers 200 mm |
| Kity 636 | SÉRIE 600 · AVANT 2004 | 300–500 € | Le compromis encombrement et capacité le plus courant |
| Kity 637 | SÉRIE 600 · AVANT 2004 | 500–1 000 € | ✅ NOTRE CHOIX Tables longues et arbre sérieux : la meilleure occasion du lot |
| Kity 638 | SÉRIE 600 · AVANT 2004 | 800–1 500 € | Excellente, mais à ce tarif un neuf garanti redevient discutable |
| Kity 439 | POST-RACHAT SCHEPPACH | 350–500 € | À éviter, les retours d’atelier sont constamment décevants |
Emportez trois choses à la visite : une règle de maçon d’un mètre, une lampe torche et un pied à coulisse. En vingt minutes, vous saurez ce que vaut la machine.
- Planéité des tables : règle posée en diagonale sur chaque table, lampe derrière. Aucun jour visible.
- Alignement des deux tables : règle à cheval sur entrée et sortie. Un décalage se rattrape au réglage, un vrillage jamais.
- Jeu d’arbre : main sur l’arbre, poussée verticale et axiale. Aucun jeu perceptible.
- État des fers : ébréchures, cote au pied à coulisse, vis de contre-fer non foirées.
- Guide : verrouillage franc à 90°, et il reste d’équerre quand on pousse dessus.
- Bruit à vide et protecteur : un grondement sourd signe les roulements, et l’absence de protecteur d’arbre est un point de négociation.
Le contrôle qui décide de tout : posez la règle d’un mètre à cheval sur les deux tables de dégau, arbre au point bas, et mettez la lampe derrière. Un jour de plus de 0,1 mm sur un mètre, soit l’épaisseur d’une feuille de papier, et vous ne dégauchirez jamais droit sur cette machine. C’est le seul défaut qu’aucun réglage ne rattrape : négociez fort ou passez votre chemin. · Bruno
Le rabot-dégau 260 mm qui la remplace aujourd’hui
La bonne nouvelle, c’est que la catégorie est mieux fournie qu’il y a vingt ans. Un rabot-dégau 260 mm actuel se situe entre 1 000 € et 1 600 €. La grille de comparaison à tenir d’une fiche à l’autre : moteur autour de 2 000 W, arbre à 6 500 TR/MIN, hauteur de rabotage 150 MM, passe maxi 3 MM en dégau et 5 MM en rabot, avance automatique à 5 M/MIN, table de dégau d’environ 1 040 MM avec guide inclinable à 45°.
Sur le marché français, la Leman RAD260 coche cette grille et sert de repère de catégorie, avec un poids de 65 KG qui la rend transportable mais explique ses limites en vibration face aux machines de 150 kg. La Scheppach Kity HMS1080, héritière directe du DRA260, joue dans le même registre. Nous ne trancherons pas sur la seule fiche technique : à ce niveau, c’est la disponibilité des pièces chez votre revendeur qui fait la différence sur dix ans.
Notre position, sans flatterie. En dessous de 500 €, une bonne Kity d’occasion des séries 600 reste supérieure à un neuf d’entrée de gamme, dont les défauts reviennent en boucle : vibrations, guide qui bouge sous l’effort, passe plafonnée à un petit millimètre en rabotage, coupures thermiques après quelques planches. Au-dessus de 1 000 €, la logique s’inverse et le neuf garanti redevient le choix raisonnable.
260 mm : ce que cette largeur change dans un atelier
Traduisons la fiche technique en travail réel. Avec 260 MM de largeur utile, vous corroyez sans réfléchir des tablettes, des montants, des traverses et des plateaux de table à condition de les recouper et de les recoller. Une planche brute de 30 cm passe encore, en deux fois et en la retournant, si vous acceptez un léger désaffleur au recollage.
Ce que 260 mm ne fera pas : un plateau massif de table de salle à manger en une passe, ni du corroyage de série. Pour ça, il faut du 310 ou du 410 mm, un poids de machine qui double et un budget qui triple. Soyez honnête sur votre production réelle : la plupart des ateliers amateurs équipés en 410 mm passent leur vie à raboter des tasseaux de 8 cm.
Une précision pour finir : la boutique d’outillage qui occupait ce domaine a définitivement fermé en 2025. Nous ne vendons rien, nous n’avons ni stock, ni délai, ni service après-vente ; nous documentons et nous orientons vers les revendeurs actuels. Pour arbitrer entre neuf et occasion, gardez un œil sur les bons plans et fins de série sur les machines à bois : une machine de démonstration se négocie souvent au prix d’une bonne occasion, garantie comprise.
Le piège : chercher une Kity DRA260 neuve, elle n’existe plus. Second piège, plus coûteux : commander « des fers Kity » sans la cote. Un DRA260 prend du 258 x 22 x 1,8, une Kity 635 du 200 x 20 x 2,5, et les deux ne sont pas interchangeables.